camille esayanBlog → En suspens

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En suspens.

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En ce moment, alors que je suis dans l’attente de résultats et d’examens complémentaires, j’oscille en permanence entre deux états, comme si j’étais sur un fil.

D’un côté la vie, le monde des vivants, et avec lui l’espoir presque désespéré que ces ganglions sous mon sein droit soient finalement inoffensifs, afin que je puisse aborder sereinement les semaines et les mois à venir en toute confiance et quiétude.

De l’autre, la mort et le monde des mourants, et avec lui l’angoisse de la récidive, de celle qui vous prend aux tripes et vous empêche de dormir, avec la conscience accrue que tout ce que je construis peut s’arrêter, ou tout du moins être mis entre parenthèses, en sursis, du jour au lendemain.

Je me sens comme une funambule, et alors que j’ai le vertige depuis mon plus jeune âge, je repense à cette image, qui consciemment ou non, a toujours fait partie de ma vie. 

Il y a d’abord eu ce dessin, que j’ai fait à 10 ans, représentant une silhouette humaine suspendue au-dessus du vide, en équilibre instable entre deux mappemondes. Puis le nom de mon Skyblog, adolescente, que j’avais baptisé Imm0bile, et dont le sous-titre était « sur un fil, je ne sais trop où me placer ». Enfin, au travers de mon mémoire de fin d’études sur les manipulations dans le design graphique, où, empruntant la figure du funambule de Kant, je me questionnais quant au juste milieu à adopter dans mon métier de manipulatrice d’images.

Quand je m’imagine aujourd’hui au sens propre sur un fil, à l’occasion d’une séance d’accrobranche ou d’escalade par exemple, je n’entrevois qu’immobilité, stagnation, peur du vide… et surtout la difficulté voire l’incapacité de trouver, comme dans les exemples ci-dessus, mon équilibre. 

Et si au contraire ce fil imaginaire était un chemin sur lequel je pouvais me mettre en mouvement ?

Et si, au lieu d’être un fil, il était un pont reliant les deux faces d’une même pièce, précisément parce que la mort fait partie de la vie ?

Faut-il toujours coûte que coûte chercher à trouver l’équilibre ?

N’est-il pas plus pertinent d’apprendre à jouer avec le déséquilibre de l’existence ?

Pour simplement vivre, vivre à en mourir.