camille esayanBlog → Imaginaire médical

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Imaginaire médical.

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Cette semaine, dans le cadre de mes examens de suivi pour mon cancer, je suis allée faire une cytoponction* de mes ganglions axillaires, sous l’aisselle.

Outre l’angoisse d’une récidive qui accompagne naturellement ce type d’examens, j’ai réfléchi aux émotions que cela suscitait en moi. 

Lorsque je me suis allongée sur le brancard de la salle de prélèvement, seins nus, je n’avais pas particulièrement peur de la douleur. J’appréhendais surtout que l’on me touche à un endroit de mon corps où je n’avais pas l’habitude de l’être, dans une zone qui m’était jusqu’alors inaccessible, inconnue, car recouverte de peau et donc « immergée » à l’intérieur de mon thorax. 

En effet, un ganglion pour moi ne représente rien. C’est tout au plus une boule « qui roule » comme s’est écriée la microbiologiste qui réalisait la ponction, il peut être cancéreux ou non, signe d’une inflammation locale ou généralisée, mais je ne saurais le définir davantage. Il fait partie de moi, mon corps l’a fabriqué, et pourtant je ne le visualise pas, je n’en cerne pas les contours… et cela me terrifie. 

Or j’ai besoin de me le figurer, pour mieux l’apprivoiser et parvenir à le considérer, non plus comme un corps étrange, étranger, mais comme, finalement, un amas de cellules que j’ai moi-même créé. Même si les examens d’imagerie représentent pour moi un stress, ils sont paradoxalement un soulagement, précisément parce qu’ils posent des images sur d’éventuels maux. Ils font la lumière sur l’opacité du corps humain, en en décryptant les parts d’ombre.

Imager pour comprendre, imager pour accepter aussi. Peut-être est-ce parce que mon métier consiste à fabriquer des images que j’y suis si sensible, en tout cas cette imagerie constitue pour moi une collection visuelle précieuse, avec laquelle je me plais à jouer, et donner de nouvelles représentations, de nouvelles interprétations.

Un terrain fertile pour l’imagination et la porte ouverte à un imaginaire inédit, médical ou non.

Toutes les illustrations ci-dessus ont été réalisées à partir de mes images d’examen (scanner, IRM…).

*Il s’agit d’un examen qui consiste à introduire une fine aiguille au travers de la peau et qui permet de prélever un échantillon de cellules dans la zone concernée, lequel est ensuite analysé au microscope. 

Bien avant le confinement 
Et l’exode urbain
Paris un poumon en moins 
Est devenu moins attrayant 

Respirer à demi 
Une atmosphère saturée
Ou bien humer l’air frais
Le poumon pleinement rempli

Mon choix a été vite fait
De m’échapper au grand air
Auprès de la mer ou d’une rivière
Chaque fois que je le pouvais

Lorsque le jour de mes trente ans 
Un kayak mon amoureux m’a offert 
Il n’en fallait pas plus pour satisfaire
Mes aspirations au changement

Sur la Seine, l’Oise ou l’Epte,
Dans le Golfe du Morbihan
Sur les vagues de l’océan
Du kayak nous sommes devenus adeptes

Avec notre voile faite sur mesure
Pour avancer au gré du vent 
En quête d’horizons dépaysants
Nous naviguons à fière allure  

Inspirant profondément et nous inspirant
Nous naviguons à fière allure  
Tous les deux euphoriques
De respirer et d’être vivants

Prendre la clé des champs
Pour aller nous mettre au vert
Et mener la vie que l’on espère
N’est plus qu’une question de temps

Cette certitude vient sans doute d’un des enseignements du cancer
Que de toujours suivre mon intuition
Et de mon expérience de la vie avec un seul poumon 
De ne jamais manquer d’air !